La bicyclothèque de Landivisiau

Propos recueillis par Gérard Alle (pour la revue Pages de Bretagne n°40 – novembre 2015)

Service culturel de Landivisiau / bibliothèque Xavier-Grall :
Cécile Morel-Chevalier

« L’idée de créer des étagères différenciées au sein de la bibliothèque pour un public éloigné de la lecture ne me plaisait que moyennement. Même si cela a été fait de manière très réussie dans d’autres médiathèques, à Landivisiau, ce n’était pas comme ça que
nous imaginions pouvoir attirer de nouveaux lecteurs.

Intéresser d’autres publics, pour nous, c’est plutôt aller vers les gens, dans les quartiers, sur le marché, dans des banques, dans les parcs, sur l’aire d’accueil des gens du voyage. Les inviter à franchir les portes de la bibliothèque, bien sûr, c’est l’objectif, mais dans une deuxième étape seulement.

Nous avons eu l’idée de faire l’acquisition d’une “bicyclothèque” pour aller au-devant du public. Quand elles ont vu l’“engin” arriver, un triporteur équipé d’une grande malle à l’avant, mes collègues ont fait les gros yeux et n’étaient pas franchement enchantées… Elles ne se voyaient pas se trimballer en ville là-dessus. La “bicyclothèque”, bien qu’électrifiée, reste, c’est vrai, difficile à manier. Et il y a les aléas climatiques.

 

Actuellement, c’est plutôt un outil de communication que nous emportons sur les événements que nous organisons et ce sont surtout les stagiaires qui la manipulent, mais nous espérons bien pouvoir dégager davantage de temps dans les mois à venir pour
l’utiliser davantage.

La réflexion autour du “Facile à lire” va cependant de pair avec notre envie de travailler en direction de ces publics éloignés. Parce que c’est nouveau. Et parce que ça apporte beaucoup de bonnes surprises.

Au cours du festival Moi les Mots, cet automne, nous lançons de nombreuses actions en direction des publics “en difficulté”. La compagnie Derezo intervient en différents lieux de la commune pour des lectures de textes poétiques des éditions Bruno Doucey, l’idée étant d’aller vers le public sans attendre qu’il vienne de lui-même vers les différents lieux culturels de la ville.

Un atelier d’écriture est animé par Brigitte Mouchel auprès de l’ART (Association Recherche Travail) avec un groupe de personnes pour qui l’accès au livre et à la lecture est loin d’être évident.

Nous partons du principe que la poésie, c’est “juste” des mots qui disent le quotidien, qui disent la vie, et il est hors de question que ces mots ne soient pas partagés et offerts à tous…

Nous avons également plusieurs propositions autour du “Lire autrement”, et un partenariat avec l’IPIDV (Initiatives pour l’inclusion des déficients visuels) : mise à disposition du programme en gros caractères, traduction en braille des planches de mots réalisées pour le festival, participation des enfants au concours avec la réalisation d’un livre tactile, lecture à voix haute proposée aux personnes voyantes qui seront équipées d’un bandeau occultant pour se mettre dans la même situation que les non-voyants.
Et nous accueillons 10 doigts Compagnie pour un travail autour de la langue des signes. Plus de deux cents temps de médiation sont prévus en amont et pendant le festival, auprès des scolaires et des différents partenaires.

Rencontres d’auteurs, visites d’expos, brigades d’intervention poétique, jeux poétiques autour des ouvrages des auteurs invités, lecture de textes poétiques, spectacles. Les Landivisiens gardent un excellent souvenir du passage des Souffleurs, intervenus lors de la précédente édition du festival, sur le marché notamment. Chacun a ainsi eu droit à sa petite dose de poésie : de notre collègue balayeur aux adultes handicapés des Genêts d’or, en passant par la vendeuse de salade ou la correspondante du Télégramme. Tout le monde réclamait son poème et chacun repartait avec le texte qui lui avait été lu !

Une malle pédagogique a également été créée, avec la complicité de nos collègues des services techniques, qui contient des livres d’artistes, des pop-up, des ouvrages de poésie ; pendant les Taps (temps d’activité périscolaire), la malle fait le bonheur des enfants
mais aussi des collègues bibliothécaires et animateurs. Partager, faire découvrir, prendre et donner du plaisir autour de ces livres, un vrai bonheur ! On s’éclate ! »

Contact :

Cécile MOREL-CHEVALIER, directrice du service culturel de Landivisiau

c.morel-chevalier@ville-landivisiau.fr

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