Des boîtes à livres dans les commerces à Lampaul-Guimiliau

Propos recueillis par Gérard Alle (pour la revue pages de Bretagne n°40 – novembre 2015)

Médiathèque de Lampaul-Guimiliau
Nathalie Moigne

« Lors du lancement de l’opération dans le cadre du Pacte d’avenir, je n’imaginais pas un mobilier “Facile à lire” au sein de la médiathèque. Ce n’était pas adapté chez nous.

Il faut déjà franchir les portes de la bibliothèque. Alors, nous avons préféré créer des
moments inattendus de lecture en investissant d’autres lieux, où, a priori, on ne va pas pour la culture. Après tout, c’est ce que je fais déjà dans ma propre maison, en plaçant des livres dans des lieux inattendus. Et ça marche très bien !

Deux salons de coiffure et deux salles d’attente de kinés ont ainsi accueilli des meubles “Facile à lire”. Le budget n’étant pas extensible, nous avons fourni des meubles sur roulettes et l’une des coiffeuses a investi dans un meuble, car celui que nous proposions ne rentrait pas dans son salon.

La base “livres” est composée de 80 ouvrages par meuble (romans, nouvelles, BD adultes, livres jeunesse, albums, livres documentaires).

Les histoires sont courtes, bien adaptées au temps de passage en salle d’attente. On peut rapporter les ouvrages, soit sur place, soit à la bibliothèque. Et l’on voit des gens pousser la porte de la bibliothèque pour la première fois et découvrir tout ce que l’on peut y trouver. C’est vraiment très positif.

Par exemple, je pense à cet homme qui est venu nous rapporter un livre et qui nous a dit : “Ça faisait des années que je n’avais pas ouvert un bouquin. Et là, comme le kiné avait du retard, je m’y suis laissé prendre. Et j’y ai pris goût.”

Ici, il n’y a pas d’associations de lutte contre l’illettrisme. Ce n’est pas notre objectif. Nous voulons plutôt inciter les gens à ouvrir un bouquin dans des lieux où il n’y avait que des magazines. »

Lire au salon

Juliana Shaw a accepté avec grand plaisir d’installer un meuble-présentoir « Facile à
lire » dans son salon de coiffure.

« D’abord, je suis une lectrice. Voyez, là, derrière mon comptoir, il y a un roman en cours de lecture, Les Derniers Jours de nos pères, de Joël Dicker. Dès que je vais avoir un peu de temps, entre deux clients, je vais m’y replonger. Il ne me reste plus que trente pages. J’ai hâte. Et je trouve que c’est une bonne chose que tout le monde puisse profiter de ce genre d’initiative. »

Comme le fait remarquer une cliente : « Il y a beaucoup de gens qui n’oseraient pas pousser la porte d’une bibliothèque, alors que là… »

Les ouvrages – des BD, des romans, des beaux livres, des livres jeunesse – sont lus sur place ou commencés et emportés par les clients. Et ils sont rapportés, soit au salon – le plus souvent – soit en médiathèque.

« La BD et les livres jeunesse sont les plus empruntés », précise Juliana. « Et cela marche particulièrement bien avec les enfants, quand ils ont vingt minutes à attendre. Ceux qui ont l’habitude de lire à la maison repartent souvent avec un livre. Les clientes, sous le casque, préfèrent toujours feuilleter des magazines. J’ai aussi remarqué que la lecture de certains ouvrages déclenche des idées de cadeaux. »

 

Contact :

Nathalie MOIGNE, responsable de la Bibliothèque

bibliotheque@mairie-lampaul.guimiliau.fr