Caen la Mer : Lire, un peu, beaucoup…

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Texte rédigé par Gérard Alle (pour la revue pages de Bretagne n°40 – novembre 2015)

Dès 2003, la signature d’un contrat Ville-Lecture est à l’origine d’un travail de réflexion des médiathèques de l’agglomération caennaise, avec leurs partenaires du secteur social, à propos de la création d’espaces dédiés aux adultes en difficulté avec la lecture.

Laure Gombault, coordinatrice du réseau Territoire-Lecture pour la communauté d’agglomération Caen la Mer, n’est arrivée qu’en 2011, mais elle est restée fidèle aux objectifs d’alors :

« Il s’agit à la fois de redonner le plaisir de lire à ceux qui l’ont perdu et d’intéresser
des publics très éloignés de la lecture et de l’écriture. Et c’est pour cela qu’il a été décidé de coconstruire avec les partenaires sociaux-éducatifs et leurs publics des espaces spécifiques et d’organiser des médiations autour de ces espaces. »

L’agglomération de Caen était donc en avance sur ce qui se développe aujourd’hui, avec la création de ces premiers espaces dédiés qui s’appuie sur des critères et une grille pour les acquisitions : peu de pages, romans linéaires, documentaires, pas de bandes dessinées (jugées parfois trop complexes), livres illustrés, chapitres courts, composition par paragraphes, etc.

Rapidement, deux bibliothèques situées dans des quartiers dits « sensibles » de Caen se sont emparées du projet, ainsi que celle d’Hérouville-Saint-Clair, où existent un centre d’accueil de migrants et des associations de lutte contre l’illettrisme. Plus récemment, la médiathèque de Colombelles s’est également impliquée.

« On a donc plusieurs années de recul, à propos des espaces “Facile à lire”. Et nous réfléchissons avec nos partenaires à ce qui a fonctionné, aux freins qui existent encore, aux publics touchés. Par exemple, nous avons remarqué que ces espaces sont en fait utilisés par tous les publics et pas seulement par les publics initialement visés. Mais aussi que les partenaires sont toujours un peu les mêmes. Françoise Sarnowski est venue nous voir, en septembre, et nous avons parlé de tout ça, de la possibilité d’élargir à d’autres partenaires, de la nécessité de changer notre communication sur ces espaces, et de développer un peu
plus le niveau 1 (livres avec peu de textes, plus d’images). Les animations que l’on organise autour des espaces “Facile à lire” fonctionnent bien, les lectures à voix haute, par exemple. Et on a bien réussi à faire participer les usagers au choix des livres. »

Pour relancer l’engouement autour du « Facile à lire », un événement, intitulé « Lire, un peu, beaucoup », est organisé dans chacun des espaces, en octobre et novembre, et en direction de tous les publics.

« Parce qu’il faut bien le dire, ça a tendance à s’essouffler, et tous les bibliothécaires ne sont pas convaincus de la justesse de la démarche. Il y a encore beaucoup de tabous. Par exemple, on n’a jamais écrit nulle part dans nos espaces “Facile à lire” en toutes lettres. En ce sens, je trouve que la démarche initiée en Bretagne a le mérite d’annoncer clairement la couleur. »

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